Port-Salut à la croisée des chemins : quel leadership pour un arrondissement en quête de cohésion?

Par Jean-Marie Mondésir

Alors que la commune de Port-Salut a célébré son centenaire en 2017, une question cruciale demeure : exerce-t-elle réellement le rôle de chef-lieu de l’arrondissement qu’elle est censée incarner? Composé des communes d’Arniquet, de Saint-Jean-du-Sud et de Port-Salut, cet arrondissement peine à démontrer une vision commune et une gouvernance concertée.

Un leadership fragmenté, une population oubliée

Port-Salut, désignée chef-lieu en raison de sa densité démographique et de son étendue territoriale, devrait naturellement jouer un rôle moteur dans la coordination des services et des initiatives intercommunales. Pourtant, les élus locaux semblent cloisonnés dans des logiques partisanes, incapables de dialoguer au-delà des affiliations politiques. Résultat : les citoyens, eux, subissent les conséquences d’un pouvoir divisé et inefficace.

Autrefois, l’unicité de la circonscription électorale obligeait les représentants à collaborer. Aujourd’hui, l’absence de concertation entre les élus des sections communales et le député de la circonscription illustre une rupture préoccupante dans la gouvernance locale.

Une ville en expansion, mais sans vision

Port-Salut attire les touristes par ses plages et son charme naturel, mais son développement urbain reste anarchique. Prolifération des constructions informelles, mauvaise gestion des déchets, saturation des motos-taxis, pénurie d’eau potable… Les défis s’accumulent, sans réponse cohérente des autorités locales.

Les établissements hôteliers, pourtant bénéficiaires directs de l’attractivité de la ville, contribuent peu au fisc local. Cette faiblesse budgétaire freine la mise en œuvre de projets structurants et limite la capacité des élus à créer des emplois durables.

Une responsabilité partagée entre élus et citoyens

La grandeur d’une ville ne se mesure pas uniquement à sa superficie ou à sa population, mais à l’engagement de ses citoyens et à la qualité de son leadership. Trop souvent, l’amour pour Port-Salut s’exprime sur les réseaux sociaux, mais peine à se traduire en actions concrètes. Le développement ne peut reposer uniquement sur l’État central : il exige une mobilisation locale, une conscience collective et une volonté de bâtir ensemble.

Port-Salut Magazine lance un appel à la responsabilité citoyenne et à la solidarité intercommunale. L’arrondissement, composé de sept sections communales, doit impérativement clarifier ses limites territoriales et renforcer la coopération entre ses trois communes.

Pour une gouvernance territoriale efficace

Il est urgent que les autorités locales se réunissent pour discuter des frontières administratives entre Arniquet, Port-Salut et Saint-Jean-du-Sud. Ces délimitations sont essentielles pour appliquer la loi de 1996 sur la décentralisation, garantir l’autonomie des collectivités territoriales et assurer une répartition équitable des ressources publiques.

Identifier clairement les citoyens desservis par chaque commune permettra à l’État de mieux cibler ses subventions et d’appuyer les projets locaux en fonction des réalités démographiques.

Cessons d’être passifs. Soyons solidaires. Mobilisons-nous pour notre ville, notre commune, notre arrondissement.

Impliquez-vous pour le renouveau de Port-Salut. Le centenaire est passé, mais l’avenir se construit maintenant.

Jean-Marie Mondésir

Citoyen engagé de Dumont |Éditeur de Port-Salut Magazine | La voix de Dumont | Solidarité paysanne | Dumont Inter 103.1 FM